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La galerie Magenta Blues |
Sylvie
Beaudoin 1706,
chemin de la Gare Val-Morin,
Québec J0T 2R0 (819)
322-1047 |
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Sylvie Beaudoin
Démarche
artistique
Le mouvement, la couleur, le partage sont les
territoires physiques et psychologiques où s’inscrit mon élan créatif. J’ai
fait mon entrée dans l’expression artistique par la danse que j’ai du
abandonner suite à un accident. Toutes ces années de formation qui
m’ont amenée à un niveau professionnel imprègnent
aujourd’hui ma perception et modulent mon travail. Chez moi, un tableau origine
dans le geste et s’y déploie. Non pas le geste impulsif, mais impulsé.
Soumis à l’attente du point de rupture qui enclenche le premier mouvement. Je
peins comme je dansais, ancrée dans ma sensualité kinesthésique. L’œil en retrait
de la main, j’apprivoise la forme par le mouvement, je la grave dans mes
muscles les plus subtils et l’y oublie. Je n’aurai plus à penser aux
déplacements ni à compter mes pas, la couleur peut s’ouvrir sur la toile
vierge. Et elle arrive, par masses d’abord, brute et violente, avant de se
nuancer par superpositions. L’équilibre de mes tableaux repose ainsi sur le
contraste. La ligne ne naît que de la juxtaposition des tons en apparence
immobiles.
C’est sans doute cette relation avec le mouvement qui
explique l’attrait particulier exercé sur moi par le visage
humain. Je suis à l’affût de l’échange et le visage est le territoire mobile de
tous les négoces. La plus apparente immobilité d’un visage n’est en réalité
qu’une intention. Le regard regarde toujours : vers l’extérieur ou vers
l’intérieur. J’ai donc choisi dans mon récent travail d’assumer cette
fascination en me concentrant particulièrement sur le portrait en direct. Je
travaille ainsi en communication, souvent muette mais non moins intense, avec
la personne qui « pose » mais aussi « émet ». Je me laisse
imprégner par la densité palpable de la relation qui s’installe lors de ces
longs face-à-face.
Avec l’arrivée, ces dernières années, des nouveaux
pigments dans l’imprimerie commerciale,
je me suis tournée de plus en plus vers le médium du collage. Tout en conservant la même approche technique
d’apprivoisement de la forme et de superposition des masses colorées, je dois
composer dans un ballet improvisé avec des tranches de matière aux dimensions
et aux couleurs moins flexibles. Comme le matériau contient souvent sa propre
imagerie ou même du texte à l’occasion, il en résulte des
« portraits » qui sont de véritables constructions poétiques avec
leurs larges bandes non linéaires de lectures possibles. Bien qu’en apparence
fortuits, de tels croisements de sens sont directement liés à l’échange
intuitif qui se déroule lors de ces rencontres… où je suis de nouveau une
interprète.